Federico Restrepo

Dans une autre vie, alors que j’étais à la recherche d’une signature propre au programme « Enfants en détresse » pour l’UNESCO, j’avais souhaité rencontrer Federico Restrepo pour son aura de génial designer autodidacte dans le secteur du luxe et plus précisément celui du parfum. C’est son profil créateur, curieux, visionnaire et sensible qui m’a attiré et ce n’est pas un hasard  que les flaconnages des parfums les plus portés portent sa signature : Azzaro, Caron, Cartier, Lanvin, Van-Cleef entres autres marques internationales. Habitué à concevoir des objets de luxe pour les autres,  Federico s’est, également, amusé à concevoir sa propre ligne de joaillerie.

Paris-Shanghaï, pourrait-être le titre d’une super production, si ce n’était votre parcours. Quels sont les évènements qui ont constitué ce chemin de vie professionnelle ?
La décision de quitter la France fut prise sans véritable dessein. Les choses trop statiques ne me conviennent en rien et bien que l’Europe soit séduisante, d’une beauté peu commune, l’énergie émanant du business est lourde à gérer à cause d’un entreprenariat trop figé, d’une création corsetée dans des dogmes et enfin des circonstances personnelles ont eu raison de moi au point que j’ai souhaité partir loin de tout cela.

Comment traduire les valeurs d’une marque, ses axes de différenciation, sa cible ?
Parler de traduire les valeurs d’une marque n’est pas simple si l’on ne prend pas de cas précis. Cependant et d’une façon plus générale, le branding et le design, métier que j’exerce depuis 25 ans, sont des moyens parmi d’autres qui me permettent d’être au cœur de l’ADN d’une marque. C’est pourquoi dans ma palette d’expression, on y trouve  des formes, des couleurs, des matières ainsi que des signes.

Comment se passe votre collaboration avec les marques, rencontrez-vous les icônes des marques ?
Si dans icônes vous voulez dire les Créateurs par exemple dans le cas des marques de Mode, ou les fondateurs dans d’autres cas, oui cela m’est arrivé.

Et comment se passe notre collaboration ?
Vous savez aussi bien que moi, quelque soit le métier que l’on exerce, que certaines rencontres marquent plus que d’autres et de manière où tout semble couler de source, que la collaboration étant basée sur la reconnaissance de mon expertise,  il est clair cela devient un véritable échange pour parfaire une connexion entre l’être humain et la marque. En revanche, tous les créateurs vous le diront, on peut se trouver face à une carrière contrariée et là commencent les problèmes car la personne veut se substituer à vous sans en avoir les qualités et oublie qu’on vous a engagé pour votre approche novatrice, celle qui fera de vous d’abord l’interprète de leur culture d’entreprise mais également  le fil conducteur qui les mènera jusqu’à la prochaine tendance qui n’est pas encore établie.

Quel est votre dernier le défi ? De repousser sans cesse les limites de la création en mêlant différents métiers d’art comme le dessin, l’encre de Chine, le design de formes, la photographie et l’écriture.

Lors de vos voyages d’affaires, qu’emportez-vous dans votre Vanitycase ?
A part des choses essentielles, j’ai toujours mes stylos plume, des carnets, mon appareil photo, mon ordinateur et mon Parfum Bois Farine de l’Artisan parfumeur.

Si vous aviez une adresse dans le monde à nous faire découvrir, quelle serait-elle ?
Comme il y en a tant, je dirais, mon Imagination !

 www.federicorestrepo.com