Virginie KNAEBEL, médecin esthétique, spécialiste du laser

Virginie Knaebel, médecin esthétique nous dit tout sur le laser CO2 ablatif, l’arme anti-âge par excellence

 

Le laser CO2 « resurfacing » a été mis au point dans les années 1990, apportant un progrès considérable à la correction du vieillissement cutané. Que peut-on en dire aujourd’hui ?
« Le laser CO2 est un laser ablatif c’est-à-dire qu’il vaporise la peau et chauffe les tissus adjacents, ce qui va avoir pour conséquence la formation d’un néo collagène qui va remplacer celui vieilli. C’est un traitement agressif puisqu’il y a ablation cutanée et donc cicatrisation longue. Aujourd’hui ces lasers qui ont prouvé leur efficacité dans le rajeunissement ont été considérablement améliorés par les modes fractionnés. Il y a une forte diminution du délai de cicatrisation et les risques sont limités. Cette technologie permet de faire des puits dans le derme en conservant de la peau saine qui va servir à accélérer le renouvellement cutané ».

Quelles sont les précautions à prendre avant une intervention ?
« Quelques jours avant, La peau est préparée avec des crèmes dépigmentantes et la veille de l’intervention un traitement anti herpétique est à prendre. Le patient doit également procéder à une toilette soignée, désinfectante la veille et le matin du laser. Une anesthésie locale est nécessaire soit par l’application d’une crème anesthésiante 1h avant, soit par injection ».

Pouvez-vous garantir une totale sécurité du contrôle du niveau d’action afin d’éviter un risque cicatriciel?
« En fait avec le mode fractionné seulement 10 à 20% du derme est vaporisé et les intervalles de peau saine accélèrent la cicatrisation. De plus il est possible d’adapter le traitement en fonction des types de peau en faisant varier les espaces entre les puits, leur profondeur, et la chaleur délivrée – Il faudra exclure les peaux foncées. Tout cela garantit une bonne maitrise de l’acte ».

Quelles sont les suites d’une intervention au laser CO2 ?
« Pendant 2 jours la peau est rouge et gonflée et nécessite l’application d’une crème grasse. Puis apparaissent des picots dans les puits qui annoncent la cicatrisation et le renouvellement tissulaire. La peau est râpeuse et desquame. Au 4 ème jour, il est possible de se maquiller et au 5 ème de reprendre une activité sociale normale ».

Le risque zéro n’existant pas, quelles complications peut-on rencontrer et pourquoi ?
« L’infection est le plus à redouter car insidieuse. Une hygiène rigoureuse de la part du patient est sine qua none pour éviter une infection ainsi qu’une attention toute particulière apportée à l’application de la crème cicatrisante à la maison. L’infection se manifeste par un retard de cicatrisation et des brulures persistantes au delà du 2eme jour, et se résout rapidement sous traitement. Il peut y avoir des rebonds pigmentaires qui disparaissent généralement avec un traitement topique ».

Peut-on comparer peelings profonds et lasers fractionnels ablatifs ?
« Non le peeling profond et une restructuration profonde de la peau dans certains cas les résultats sont équivalents à un lifting mais les suites également.
Le CO2 donne des résultats plus progressif lorsqu’on répète les séances, traite les rides, les taches, la tonicité de la peau avec une cicatrisation en 4 à 5 jours ».

Quel est le coût de ces interventions ?
Cela varie en fonction de la zone traité de 150 à 400€ pour un full face incluant un sérum poly-vitaminé et 3 séances de LED pour activer la cicatrisation ».

Ces interventions pourtant très efficaces sont relativement peu pratiquées actuellement en France, car la tendance des dermatologues et de leurs patients dans le domaine de l’esthétique, va de plus en plus vers les techniques non invasives, même si la qualité des résultats est inférieure. Pouvez-vous expliquer ce paradoxe ?
« Oui il y a un désir d’efficacité sans gène sociale, et effectivement un laser fractionné demande 4 jours d’arrêt de travail. Je pense que l’accent n’est pas assez mis sur le fait que la patiente va renouveler sa peau et qu’elle retarde son vieillissement. D’autre part, il faut bien expliquer les suites pour que la gestion du temps d’immobilisation soit optimisée. Les suites sont plus courtes pour des zones localisées.
L’objectif doit être également déterminé avec le patient 1 séance annuelle pour maintenir le rajeunissement, ou 4 séances à 1 ou 2 mois d’intervalle pour corriger des rides ou des cicatrices d’acné ».